Glossaire
Les mots pour ce que vous ressentez
Des définitions simples des schémas derrière le besoin de plaire. Ce que chacun veut dire, et d'où il vient.
Combat, fuite, figement, soumission
Ce sont les quatre réponses automatiques à une menace. Les trois premières sont connues ; la quatrième, la soumission, consiste à désamorcer le danger en apaisant celui qui le représente.
Culpabiliser quelqu’un
Culpabiliser quelqu’un, c’est obtenir ce qu’on veut en lui faisant sentir qu’il a mal agi. Ce n’est pas une demande, c’est une facture présentée à la place d’une demande.
DARVO
DARVO décrit une séquence : nier, attaquer, puis inverser les rôles de victime et de coupable. C’est ce qui se passe quand vous signalez un problème et que vous finissez par vous excuser.
Dire non
Dire non, c’est refuser une demande sans négocier votre droit de refuser. En français, un non nu passe mal : la sortie n’est pas de supprimer la raison, c’est d’en donner une qui ne s’argumente pas.
Fawning (la soumission d’apaisement)
Le fawning est une réponse automatique au stress : vous vous mettez à l’abri en apaisant, en faisant plaisir ou en abondant dans le sens de la personne qui vous semble menaçante. Vous gérez son humeur au lieu de protéger vos besoins.
FOG (peur, obligation, culpabilité)
FOG nomme les trois leviers du chantage affectif : la peur (fear), l’obligation et la culpabilité (guilt). L’acronyme veut dire « brouillard » en anglais, ce qui décrit bien l’état où l’on se retrouve.
Hypersensible / empathe
Une personne hypersensible perçoit plus intensément les signaux, y compris les émotions des autres. Ce n’est pas un diagnostic, c’est une façon de fonctionner, largement répandue en France sous ce nom.
JADE (justifier, argumenter, défendre, expliquer)
JADE nomme les quatre façons de transformer un refus en négociation : justifier, argumenter, défendre, expliquer. Chacune donne à l’autre une prise pour continuer la discussion.
L’abandon de soi
L’abandon de soi, c’est mettre de côté ce que vous ressentez, voulez ou avez besoin pour garder le lien avec quelqu’un. Au quotidien, ça se dit plus simplement : « je m’oublie ».
L’affirmation de soi
L’affirmation de soi, c’est dire ce que vous pensez et ce dont vous avez besoin, clairement, sans écraser l’autre. Elle se situe entre l’effacement et l’agressivité, et elle s’apprend.
L’attachement anxieux
L’attachement anxieux est un style relationnel où la peur d’être abandonné reste allumée en permanence. On surveille les signes de distance et on donne davantage dès qu’on en repère un.
L’attachement désorganisé
L’attachement désorganisé, ou anxieux-évitant, associe le besoin intense de proximité et la peur de cette même proximité. On s’approche, puis on fuit, souvent dans la même semaine.
L’attachement évitant
L’attachement évitant est un style relationnel où la proximité déclenche un besoin de recul. L’autonomie y sert de protection, et le besoin d’autrui est vécu comme une faiblesse.
L’épuisement émotionnel
L’épuisement émotionnel, c’est le moment où vous n’avez plus rien à donner sur le plan relationnel. Vous fonctionnez encore, mais chaque interaction demande un effort que vous n’avez plus.
L’estime de soi
L’estime de soi, c’est la valeur que vous vous accordez indépendamment de ce que vous produisez ou de ce que vous rendez comme service. Quand elle est basse, il faut la regagner chaque jour, et dire oui devient le moyen le plus rapide.
L’évitement du conflit
Éviter le conflit, c’est choisir systématiquement la paix immédiate contre la vérité. Le désaccord ne disparaît pas pour autant : il change de place et se stocke chez vous.
L’hyper-indépendance
L’hyper-indépendance, c’est tout faire seul par principe, au point de ne plus pouvoir demander. Elle passe pour de la force et fonctionne comme une protection.
La bonne poire
Être la bonne poire, c’est le mot que les gens emploient pour eux-mêmes quand ils s’aperçoivent qu’on profite de leur gentillesse en permanence. Ce n’est pas un trait de caractère, c’est le résultat d’un schéma.
La charge mentale
La charge mentale, c’est le travail invisible de penser à tout : remarquer, planifier, anticiper, se souvenir. Elle ne se voit pas, elle ne se partage pas facilement, et elle fatigue autant que la tâche elle-même.
La codépendance
La codépendance, c’est un fonctionnement où votre équilibre dépend de l’état de quelqu’un d’autre : tant qu’il ne va pas bien, vous ne pouvez pas aller bien, et vous organisez votre vie autour de son besoin.
La culpabilité
La culpabilité, c’est le sentiment d’avoir mal agi. Après un refus, elle apparaît même quand le refus était légitime : ce n’est pas un signal d’erreur, c’est le prix d’un changement d’habitude.
La dérégulation
La dérégulation, c’est quand votre niveau d’activation ne correspond plus à la situation : trop haut, trop bas, et impossible à ramener par la volonté.
La fenêtre de tolérance
La fenêtre de tolérance est la zone où vous ressentez sans être débordé : vous pensez, vous parlez, vous choisissez. En dehors, vers le haut ou vers le bas, ces capacités s’éteignent.
La fusion familiale
La fusion familiale, c’est un fonctionnement où les frontières entre les membres n’existent presque plus : les émotions de l’un deviennent celles des autres, et se différencier passe pour une trahison.
La honte
La honte, c’est le sentiment d’être mauvais, pas d’avoir mal agi. Là où la culpabilité porte sur un acte réparable, la honte porte sur la personne entière, ce qui la rend impossible à corriger par une excuse.
La maladie de plaire
« La maladie de plaire » nomme la forme compulsive du besoin de plaire : ce n’est plus un choix relationnel, c’est une obligation intérieure dont on ne peut pas s’écarter sans angoisse.
La manipulation
La manipulation, c’est obtenir quelque chose de quelqu’un en contournant sa décision : par la culpabilité, la peur, la confusion ou la flatterie, plutôt que par une demande claire.
La parentification
La parentification, c’est quand un enfant occupe un rôle d’adulte : rassurer un parent, arbitrer, gérer la maison ou les émotions de la famille. Il apprend à s’occuper des autres avant de savoir ce qu’il ressent.
La punition par le silence
La punition par le silence, c’est cesser de répondre pour faire pression. Ce n’est pas une pause pour se calmer : c’est un moyen d’obtenir quelque chose sans le demander.
La rancœur
La rancœur, c’est ce qui reste quand vous avez dit oui en pensant non. Ce n’est pas de la colère contre l’autre : c’est la facture d’un accord que vous étiez seul à avoir signé.
La recherche d’approbation
La recherche d’approbation, c’est régler ses décisions sur ce que les autres vont en penser plutôt que sur ce que vous voulez. Le signe le plus fiable : vous savez ce qu’on attend de vous avant de savoir ce dont vous avez envie.
La règle des 90 secondes
La règle des 90 secondes dit que la réaction chimique d’une émotion traverse le corps en environ une minute et demie. Ce qui dure au-delà est entretenu par ce que vous vous racontez.
La réponse de soumission (fawn response)
La réponse de soumission est la stratégie de survie qui consiste à désamorcer une menace en s’y adaptant : plaire, aider, calmer, se faire petit. C’est la quatrième réponse au stress, à côté du combat, de la fuite et du figement.
La résignation apprise
La résignation apprise, c’est cesser d’essayer parce que les tentatives précédentes n’ont rien changé. Le comportement continue même quand la situation, elle, a changé.
La suractivité relationnelle
La suractivité relationnelle, c’est occuper plus que sa part : décider, organiser, réparer, porter, pour tout le monde. Elle est valorisée socialement et elle finit toujours par coûter la personne qui la porte.
La technique du caillou gris
Le caillou gris consiste à devenir inintéressant : réponses courtes, ton neutre, aucune émotion à récolter. C’est une tactique de dernier recours face à quelqu’un qui se nourrit de vos réactions.
La théorie polyvagale
La théorie polyvagale décrit trois états du système nerveux : l’engagement social quand on se sent en sécurité, la mobilisation quand on se sent menacé, et le figement quand la menace paraît sans issue.
La triangulation
La triangulation consiste à faire passer un conflit à deux par une troisième personne, au lieu de le traiter directement. Le tiers se retrouve chargé d’un problème qui n’est pas le sien.
Le burn-out
Le burn-out est un épuisement profond, physique et mental, provoqué par une charge trop lourde tenue trop longtemps. Ce n’est pas de la fatigue : le repos normal n’y suffit plus.
Le complexe du martyr
Le complexe du martyr, c’est se sacrifier de manière visible et en faire la preuve de sa valeur. Le sacrifice n’est pas caché : il est comptabilisé, et il attend d’être reconnu.
Le conditionnement
Le conditionnement, c’est l’apprentissage silencieux par lequel un comportement devient automatique parce qu’il a été récompensé ou qu’il a évité une punition. Personne ne décide d’être conditionné.
Le gaslighting
Le gaslighting consiste à faire douter quelqu’un de sa propre perception : ce qu’il a vu, entendu ou ressenti. Au bout d’un moment, la personne ne se fie plus à elle-même.
Le hoovering
Le hoovering, c’est la tentative de vous ramener après une rupture ou une prise de distance : un message tendre, une urgence, une promesse de changement. Le mot vient de l’aspirateur.
Le lien traumatique
Le lien traumatique est l’attachement qui se forme dans une relation où alternent la tension et le soulagement. L’intensité du lien vient de l’alternance, pas de la personne.
Le love bombing
Le love bombing, c’est une avalanche d’attention, de compliments et de promesses au début d’une relation, à un rythme qui ne laisse pas le temps de réfléchir.
Le mur
Faire mur, c’est se fermer pendant un échange : plus de réponses, plus de regard, plus rien à quoi s’adresser. Parfois c’est une tactique, souvent c’est un système nerveux qui a décroché.
Le style d’attachement
Le style d’attachement est la façon dont vous vivez la proximité et la distance dans une relation. Il se forme tôt, il n’est pas un destin, et il explique beaucoup de vos oui automatiques.
Le système nerveux
Le système nerveux autonome règle en permanence votre niveau d’alerte, sans vous consulter. C’est lui qui décide si une demande banale est vécue comme une menace.
Le travail émotionnel
Le travail émotionnel, c’est l’effort de gérer les émotions des autres et d’ajuster les siennes pour que l’ambiance tienne. C’est un travail réel, fatigant, et presque toujours invisible.
Le triangle dramatique
Le triangle dramatique décrit trois rôles qui s’alimentent : la victime, le sauveur et le persécuteur. Personne n’y reste longtemps à la même place, et le tour recommence.
Marcher sur des œufs
Marcher sur des œufs, c’est calculer en permanence ses mots et ses gestes pour éviter une réaction. C’est de l’hypervigilance, et ça épuise sans que rien ne se voie.
People pleaser
Un people pleaser est une personne dont la première réaction est de satisfaire l’autre : elle dit oui avant d’avoir réfléchi, s’excuse pour ce qui n’est pas de son fait et se sent responsable de l’humeur de tout le monde.
People pleasing (le besoin de plaire)
Le people pleasing, c’est faire passer automatiquement le confort des autres avant ses propres besoins, souvent sans le remarquer. Ce n’est pas de la gentillesse : c’est une réponse apprise du système nerveux, qui a servi un jour à rester tranquille.
Prendre en charge les autres
Prendre en charge, c’est faire pour l’autre ce qu’il pourrait faire lui-même, par réflexe et souvent sans qu’il l’ait demandé. Ce n’est pas la même chose que prendre soin.
Somatique
« Somatique » veut dire : qui passe par le corps. Une approche somatique part de ce que vous sentez physiquement plutôt que de ce que vous pensez.
Une limite
Une limite, c’est ce que vous acceptez et ce que vous n’acceptez pas dans une relation. Elle porte sur votre comportement à vous, pas sur celui de l’autre : c’est ce qui la rend tenable.
Une limite de temps
Une limite de temps décide de ce que vous faites de vos heures : quand vous êtes joignable, combien de temps vous donnez, et ce qui n’entre pas dans la semaine.
Une limite émotionnelle
Une limite émotionnelle sépare ce que vous ressentez de ce que ressent l’autre. Elle vous permet d’être touché sans devenir responsable de son état.
Une limite physique
Une limite physique porte sur votre corps et votre espace : le contact, la distance, l’intimité, le bruit, la fatigue. C’est la plus concrète et souvent la première qu’on abandonne.
Une limite saine
Une limite saine protège ce qui compte pour vous sans punir l’autre. Elle est claire, elle porte sur votre propre comportement, et elle laisse la relation respirer au lieu de la fermer.
Une relation codépendante
Une relation codépendante est une relation où l’un donne, gère et répare, l’autre reçoit, et où les deux places sont devenues fixes. Elle tient, mais au prix d’une des deux personnes.
Une réponse de survie
Une réponse de survie est un comportement automatique installé par une situation où vous n’étiez pas en sécurité. Elle continue de se déclencher longtemps après, sur des situations qui n’ont plus rien à voir.
