La rancœur
La rancœur, c’est ce qui reste quand vous avez dit oui en pensant non. Ce n’est pas de la colère contre l’autre : c’est la facture d’un accord que vous étiez seul à avoir signé.
Elle arrive rarement sur le moment. Elle s’installe après, dans la voiture, le soir, au troisième service rendu. On la reconnaît à sa formulation : « après tout ce que je fais », « personne ne me demande jamais rien, à moi ».
Elle signale presque toujours un contrat implicite : je donne, donc on me rendra. L’autre n’a jamais accepté ce contrat, souvent il l’ignore. La rancœur est le reçu d’un marché passé tout seul.
Elle ne se traite pas en donnant plus, ni en se forçant à ne rien ressentir. Elle se traite en amont, au moment de la demande : dire ce qui est possible, et laisser ce qui ne l’est pas. Un non dit à temps coûte moins cher qu’un oui qui pourrit six mois.
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Sources
- Robert Glover (2003), « No More Mr Nice Guy » - le contrat implicite.
Dernière relecture 2026-08-16
