La bonne poire
Être la bonne poire, c’est le mot que les gens emploient pour eux-mêmes quand ils s’aperçoivent qu’on profite de leur gentillesse en permanence. Ce n’est pas un trait de caractère, c’est le résultat d’un schéma.
C’est le mot des forums français, pas celui des livres : « bonne poire », parfois « trop bonne trop conne », presque jamais « paillasson », qui est une image anglaise. Il arrive toujours après coup, quand la personne compte ce qu’elle a donné et ce qui est revenu.
Le mot est violent parce qu’il attribue la faute à celui qui a donné. C’est le sens du proverbe, et c’est exactement là que le raisonnement se trompe : ce n’est pas la gentillesse qui pose problème, c’est l’absence de limite autour d’elle. La gentillesse sans limite finit par se faire consommer.
Ce qui change la situation n’est pas de devenir moins gentil. C’est de rendre la gentillesse choisie : ce que vous donnez, à qui, jusqu’où. Un service rendu par choix ne laisse pas de rancœur. Un service rendu par réflexe en laisse toujours.
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Pourquoi ai-je l’impression d’être la bonne poire ?
Parce que vous donnez de façon automatique et que le retour ne suit pas. Le sentiment n’arrive pas au moment du service, il arrive après, quand vous faites les comptes. C’est le signe qu’une limite manquait avant, pas que vous avez trop donné une fois.
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Sources
- Corpus Doctissimo Psychologie, harvest 2026-08-16 (docs/marketing/VOC_FRANCE.md §3).
Dernière relecture 2026-08-16
